Au cas où vous auriez manqué la nouvelle, sachez-le: Guts sortira au mois d'octobre prochain, cela a été confirmé par le Lapin Marteau, son éditeur.
Pour fêter l'évènement, je vous propose une petite interview de deux membres du trio infernal qui a donné naissance à ce jeu très attendu, Gaëlle et Pierre « Gotto ».
Jorune - Guts est le résultat d'une collaboration entre trois personnes, Jérôme « Brand » Larré et donc vous deux, Gaëlle et Gotto. Si Brand est bien connu des aficionados de notre petit monde, on vous connait un petit peu moins. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur vous, votre parcours de rôliste?
Gaëlle: J'ai commencé le jeu de rôle avec mon père qui jouait un peu. C'est plus tard, une fois que ma rencontre avec Pierre a eu lieu, que j'ai commencé à jouer de plus en plus régulièrement. Parfois même tous les soirs!
Ensuite nous avons rejoint l'association Onyria avec laquelle nous avons organisé deux conventions sur Marseille, « Il était une fois Onyria, », 2eme et 3eme édition (2010 et 2011). Nous avons fait des rencontres, échangé avec beaucoup de passionnés et cela nous a assez naturellement conduit à développer nos projets autour du jeu de rôle.
Gotto: Moi j'ai commencé le jeu de rôle en 6eme. J'ai même commencé à écrire des jeux avant d'en acheter. Dés le collège, on jouait souvent, à l'arrache, avec des jeux bricolés sur un coin de table.
La rencontre avec Gaëlle s'est faite autour d'une table de Vampires la Mascarade et c'est d'ailleurs là que j'ai commencé à la draguer! C'était le début de l'aventure.
Jorune - Comment en êtes-vous venus à envisager de créer un jeu et comment est né Guts?
Gaëlle: On a très tôt pris l'habitude de bidouiller de nouveaux systèmes, surtout Pierre.
Pour Guts, c'est né d'une conversation entre potes. On avait un ami pilote de ligne qui nous a appris que les avions était équipés de haches et des pieds de biche. Comme j'aime beaucoup les zombis, on s'est mis à blaguer en imaginant que c'était des armes pour que les pilotes puissent se défendre contre une attaque de zombis. Voilà le secret dévoilé: à l'origine, Guts est né d'un délire, des pilotes d'avion qui pètent la gueule à des zombis!
Gotto: On connaissait Jérôme depuis un moment déjà à ce moment.
Gaëlle: On lui a présenté le projet comme ça, sans arrière pensée et ça lui a plu. On a décidé de monter le projet ensemble.
Gotto : A l'époque, Brand avait une amorce de projet de jeu space opéra, mêlé de soap. Les deux projets se sont mélangés (et on a fini par retirer les zombis et poser une esthétique années 50). Ça a donné Guts, le jeu qui en a!
Jorune - Parlez-nous de la manière dont vous vous êtes répartis les tâches?
Gotto: Quand on est pas d'accord, j'ai raison!
Gaëlle: On est très souvent d'accord.
Gotto: Sauf sur LES BOMBARDIERS! (rires)
Gotto toujours: On a fait un brainstorming tous les trois pour créer les fondamentaux du jeu, ce qu'on voulait absolument voir dans l'univers et poser les bases du monde et du système. C'est Jérôme qui a conçu le système même si Gaëlle et lui en ont beaucoup parlé.
Jérôme s'occupe de l'essentiel des textes.
Gaëlle: J'ai fait l'essentiel de l'univers et les scénars. A noter que Laurent Devernay nous a a également fait quelques textes.
Gotto: Et moi je m'occupe des illustrations.
Gaëlle: On a beaucoup de chance d'avoir un seul illustrateur sur le jeu. Cela permet d'instaurer une ambiance graphique forte, unie. C'est vraiment ce qu'on voulait pour Guts.
Jorune - Créer un jeu en collaboration, c'est plus facile?
(ensemble)
Gaëlle: Ouais carrément!
Gotto: Grave!!
Gaëlle: Jérôme a de la bouteille et est très réfléchi. J'aime énormément bosser avec lui. Plein de bonnes choses, qu'on aime jouer, ressortent de nos conversations. Faire un jeu pour y jouer, ça a toujours été l'objectif. C'est un vrai trip et on veut que ça se ressente, que les joueurs aient envie de jouer à Guts et pas simplement de le lire.
Gotto : C'est plus plus facile, de loin, au niveau de la motivation. En convention on peut tourner, alterner. On peut mieux profiter de la convention. Tout seul, ça me semble surhumain!
De plus, Jérôme est impitoyable. Ça fait vraiment avancer.
Gaëlle: Même dans mes parties, je prends plus de plaisir à jouer car j'ai intégré grâce à nos discussions des mécanismes, des techniques pour améliorer me parties.
Gotto: Même si ça fait parfois super mal, avoir des retours, des critiques rapides sur son travail , c'est super appréciable.
Jorune - La date de sortie de Guts, après une année de conventions destinée à tester puis présenter le jeu, est annoncée pour le mois d'octobre. Comment est-ce que vous le vivez?
Gotto: Xanax!!
Gaëlle: Le jeu est très avancé mais il y a encore pas mal de boulot car on veut être à la hauteur des promesses du jeu. C'est un jeu de sales gosses et on veut que ce soit un super jeu de sales gosses. Donner cette envie de faire des choses GROS budget aux meneurs et aux joueurs.
Développer le jeu a pris un peu de temps. Nous, contrairement à Jérôme (ND Jorune: auteur du jeu Tenga mais aussi contributeur à plus de jeux ou de magazines que je n'ai la place de citer ici), nous n'avons rien sorti avant, on partait de zéro.
Mais c'est un immense plaisir.
Gotto: Pour Gaëlle, c'est super car elle a fini son taff! Alors que moi j'ai encore un planning super serré jusqu'à l'été. C'est un peu flippant de dire qu'on boucle...mais c'est aussi hyper stimulant.
Gaëlle: c'est pas tout d'aller en convention, ensuite il faut assurer. Par exemple niveau illustrations, on voulait qu'il y en ait beaucoup, proposer une expérience graphique. Et c'est beaucoup de boulot.
Jorune - Pour les quelques uns qui auraient vécu cette dernière année rôlistique dans un caisson d'hibernation, pouvez-vous rappeler en quelques mots ce que propose Guts?
Gaëlle: Je l'ai déjà dit, c'est un jeu de sale gosse; On joue des pilotes d'avion dans un univers en guerre. Dés le départ, on part du postulat que les PJ vont jouer des héros grandes gueules qui vont arrêter cette guerre.
C'est un jeu d'action débridée, de dogfights, de combats spectaculaires, mais il a aussi un important coté relationnel, un aspect soap opéra, entre les membres de l'escadrille, les PJ et les PNJ. C'est bien de se battre dans un avion surpuissant et de se la péter au maximum (la frime est un thème important du jeu, elle est d'ailleurs à l'origine du nom du jeu). Mais les PJ ne sont pas que des grandes gueules, il se battent pour quelque chose, avec des gens, pour des gens et ils sont tiraillés par leurs différentes relations.
Guts est un jeu où la frime est assumée et fortement encouragée!
Gotto: Et ne pas oublier d'amener sa mauvaise foi à la table!
Jorune - Quel accueil vous ont réservé les joueurs de Guts en convention?
Gotto : On a eu un super accueil. On attend toujours de se réveiller.
Gaëlle: moi je me suis bien marrée, on a eu de super parties. C'est fatiguant car les joueurs de convention sont pleins d'énergie. Dés que tu appuies sur le bouton « mauvaise foi », ils sont partis jusqu'à 4 h du matin. A la limite ils n'ont plus besoin du MJ..
Gotto: Notre challenge est de bien retranscrire cet aspect à la lecture du jeu. En tout cas les gens en convention ont l'air content.
Gaëlle : Il y en a même qui en redemandent!
Jorune - Plus de 300 joueurs auraient testé Guts en un an, d'après le site du Lapin Marteau. Pas trop fatigués?
Gaëlle: On a la semaine pour se reposer. Mais à la fin d'un week end de convention, on est mort. Mais c'est excellent pour la motivation, ça nous relance pour écrire le jeu, des scénars et rajouter plein de trucs...
Gotto: Les voyages aussi sont fatiguant. Mais ce qui est génial dans ce jeu, même si on a passé le stade du test, c'est de rencontrer des gens et de découvrir plein de trucs; C'est une façon de faire vivre le jeu, on est là pour partager et on s'éclate. Il y a quelques mauvaises expériences mais ça reste très marginal. On est fatigué mais content!
Jorune - Une fois le jeu sorti, quel sera son suivi? Y aura-t-il des productions sur le net?
Gaëlle: Il y a un supplément (une campagne papier) prévu pour peu de temps après la sortie du jeu et qui est déjà quasi fini. On a aussi pas mal de matos fourni par des fans et qu'on mettra à disposition. On a plein de choses dans les cartons, en fait, mais il est encore un peu tôt pour en parler.
Jorune - Et après Guts, avez-vous d'autres projets concernant le jeu de rôle?
Gaëlle: On va continuer à bosser avec Lapin Marteau, ça nous plait et on a envie de faire d'autres jeux. Il reste encore du tri à faire dans nos idées et nos envies, rien n'est planifié, mais oui il y aura plein d'autres choses.
Jorune - Pour conclure, quel est le programme des prochains mois? Encore des conventions?
Gaëlle: On sera à la Lice Ludique à Marseille début juin et on participa à Octogônes qui nous a déjà accueilli l'année dernière, le 7 octobre...
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Et encore un grand merci aux auteurs de Guts d'avoir accepté de se prêter à ce petit jeu!
Une dernière précision, les deux visuels que vous pouvez admirer dans cet article proviennent du site officiel du Lapin Marteau et sont bien entendu l'oeuvre de Gotto.